Une concession Peugeot, marque du groupe Stellantis (Crédit: / Adobe Stock)
Il est de coutume qu'un nouveau patron, lorsqu'il arrive à la tête d'un groupe, fasse le grand ménage dans les comptes pour ne pas avoir à assumer le bilan de son prédécesseur et repartir sur des bases comptables assainies. En la matière, Antonio Filosa, au volant de Stellantis depuis juin 2025, a vu les choses en très grand, comme le montre la réaction spectaculaire de la Bourse: l'action a perdu jusqu'à 30% en séance vendredi 6 février après l'annonce de la comptabilisation de charges exceptionnelles colossales avant de se redresser (un peu) par la suite.
Pas de dividende
En juillet 2025, à l'occasion de l'annonce des résultats semestriels, Stellantis avait déjà intégré 3,3milliards d'euros de charges exceptionnelles. Ce n'était qu'un tour de chauffe. Cette fois, le groupe est entré dans le vif du sujet en annonçant un «reset» qui va se traduire par des charges exceptionnelles de 22,2milliards d'euros passées sur le second semestre2025 (soit plus que sa capitalisation boursière), dont 6,5milliards entraîneront des sorties de cash sur les quatre prochaines années. Les comptes vont virer au rouge vif avec une perte nette estimée entre 19 et 21milliards au second semestre, après un déficit de 2,3milliards au terme de la première moitié de l'année. En conséquence, la société ne distribuera pas de dividende au titre de2025 et a demandé au conseil d'administration l'autorisation d'émettre jusqu'à 5milliards d'euros d'obligations hybrides perpétuelles.
Coup de frein sur l'électrique
Pour justifier un tel grand ménage d'hiver, le nouveau patron accable indirectement son prédécesseur, qui avait décidé de donner la priorité à l'électrique. «Les charges exceptionnelles reflètent en grande partie d'avoir surestimé le rythme de la transition énergétique, ce qui nous a éloignés des besoins, des moyens financiers et des désirs réels de nombreux acheteurs», a-t-il affirme-t-il dans un communiqué. Petit signe positif tout de même, le redressement des ventes s'est poursuivi au quatrième trimestre, notamment aux Etats-Unis.
Nous prenons le risque de rester à l'achat mais celui-ci devient spéculatif. On peut estimer que le nettoyage ayant été fait, le marché a intégré les mauvaises nouvelles, tandis que l'activité opérationnelle semble donner de petits signes d'amélioration. Nous ramenons notre objectif de cours à 8,50 euros.
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